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samedi 15 octobre 2011

Zaitochi




Dans mon optique de vous faire mieux connaître Takeshi Kitano, me voici pour vous parler de Zaitochi, un film qu'il a réalisé en 2003 et qui représente, si on peut le dire ainsi, son côté sérieux.

Le film nous narre l'histoire de Zaitochi dans le Japon des samouraïs.
Si l'homme garde ses yeux d'aveugle fermés, ses autres sens semblent bien plus développés que la moyenne.
Il voyage beaucoup, gagnant sa vie en tant que masseur mais aussi dans des tripots à jouer et cela énormément.
Si l'homme semble calme et inoffensif, voire faible de par son handicap, il dissimule en fait un guerrier maîtrisant le sabre comme peu savent le faire.
Au long de ses voyages, Zaitochi arrive dans un village sous l'emprise d'un chef menaçant et tueur : Ginzo.
Il rencontre aussi deux geishas cherchant les meurtriers de leurs parents afin de se venger.
C'est dans ce décor que Zaitochi parcourt, mais aussi fait ce qu'il estime être juste quitte à ce que cela implique de sortir son sabre.



Anecdotes
Zaitochi est un personnage bien connu au Japon, il a tout d'abord été le héros d'un roman de Kan Shimozawa puis d'une série d'une série de 26 films dont le premier est sorti en 1962 et le dernier en 1989. Un manga est aussi publié en 1967 et une série télévisée de 4 saisons le met aussi en vedette entre 74 et 79.
Takashi Miike a quant à lui mis en scène une pièce de théâtre sur Zaitochi en 2007. Le personnage semble avoir encore de beau jour devant lui !

Je vous avais dit lors de mon premier article sur Kitano que Zaitochi avait reçu beaucoup de récompenses, en voici la liste :
- Lion d'argent du meilleur réalisateur pour Takeshi Kitano et Prix du public au Festival de Venise 2003.
- Prix du meilleur film, prix du public et prix de la meilleure musique de film, lors du Festival international du film de Catalogne 2003.
- Prix du public, lors du Festival international du film de Toronto 2003.
- Prix de la meilleure photographie, meilleur montage, meilleur éclairage, meilleure musique de film et meilleur son, lors des Awards of the Japanese Academy 2004.
- Nomination au prix du meilleur film, lors du Festival international du film de Bangkok 2004.
- Prix du meilleur second rôle féminin pour Michiyo Ookusu, lors des Blue Ribbon Awards 2004.
- Prix du meilleur film et du meilleur second rôle féminin pour Michiyo Ookusu, lors des Kinema Junpo Awards 2004.
- Prix du meilleur second rôle masculin pour Akira Emoto et du meilleur second rôle féminin pour Michiyo Ookusu, lors du Mainichi Film Concours 2004.

ça calme...


Mais qu'est-ce-que ce film a t'il de si particulier ?
Le résumé vous laisse penser à une histoire basique et elle est, et le déroulement est lui aussi plutôt prévisible, mais ce film captive et ne perd aucun intérêt.
Ici Kitano montre ses talents d'acteur dans le meilleur de sa forme : il incarne Zaitochi avec justesse et le personnage dégage une réelle sensation de calme et de paix.
Il est aisé de comprendre que Zaitochi lutte pour le bien alors que ses paroles se font pourtant rares tout au long du film.
S'il peut sembler facile de jouer un homme qui ne voit pas, ne parle quasi pas non plus, je pense qu'il en est en fait tout l'inverse et qu'ici le jeu de Kitano relève de la performance.
Du côté de la réalisation, et donc toujours de Kitano, le tout est bien ficelé et l'image est belle.
On note pas mal de personnages secondaires sans pour autant en avoir trop.
Si Kitano nous livre ici un film sérieux et de toute beauté, il ne reste pas moins lui-même en y incorporant une petite pointe de folie par le biais du personnage de l'idiot du village, personnage scénaristiquement inutile mais totalement indispensable !
Il n'y a pas seulement la folie qui est un élément clé des oeuvres de Kitano, mais aussi la violence ; et ici autant vous dire qu'il n'a pas oublié d'y mettre le quota nécessaire ! Effusions de sang sont en perspective, c'est fou d'ailleurs cette pression sanguine qu'ils ont les japonais !
Autre aspect notable de Zaitochi : son intrusion parfaite au sein de la culture japonaise ! Si tout le monde connait les geishas et les samouraïs, Kitano nous en montre plus et m'a fait découvrir quelques petites choses ma foi bien sympathiques sur la culture japonaise !



En résumé : histoire commune mais mise en forme superbe pour ce film qui d’après moi mérite ses récompenses.

vendredi 3 juin 2011

13 assassins




Faites une croix sur votre calendrier, car aujourd'hui je vous parle de samouraï, et ça risque de ne pas arriver souvent !

Je viens donc vous conter l'histoire de 13 assassins, Jûsannin no Shikaku de son titre original même, et qui se trouve être le dernier film de Takashi Miike.
Ce film est en réalité le remake d'un film de 1963 du même nom.

Le film nous narre une histoire basée sur des faits réels dans le japon féodal.
Le Seigneur Naritsugu, frère cadet du Shogun, profite d’être au dessus des lois pour tuer et violer sans merci. Cette situation inquiète de plus en plus les membres du gouvernement qui redoutent l’accession de Naritsugu a un poste supérieur et surtout le chaos auquel cela pourrait mener.
C'est alors que le samouraï Shinzaemon est engagé pour tuer Naritsugu par un des membres du gouvernement craignant pour le futur du peuple.
Shinzaemon va réunir avec lui les meilleurs samouraïs afin de se lancer dans cette mission suicide.

Étant grande amatrice des films de Miike, je me suis donc ruée a l'avant-première de celui ci malgré le résumé qui ne m'inspirait pas du tout, car moi et les histoires de samouraïs, on est pas trop potes.
Je dois avouer avoir été totalement bluffée par le film en son entièreté malgré un début qui m'a un peu laissé dubitative...
Le début du film est un peu complexe par l'afflux de personnages qui s'ajoutent assez rapidement à l'intrigue et qu'il faut alors réussir à reconnaitre. Qui est qui et dans quel camp en prime relève très vite du casse tête aussi bien pour les yeux que pour la mémoire...ne négligez pas en plus que cette bande de petits rigolos ont presque tous la même coupe de cheveux en prime et les mêmes tenues...ça aide je vous jure. Ce n'est donc pas facile de s'y retrouver et je dois avouer que sur cette partie j'ai parfois dû zapper l'un ou l'autre personnage ou dû faire des têtes en forme de point d'interrogation.




Mais rassurez vous, au final, on s'en sort très bien sans savoir à cent pour cent ce qu'il en est niveau personnages, on arrive tout de même a repérer les principaux protagonistes et on est donc parés pour la suite des événements.
Les choses se mettent donc ensuite rapidement en place et, pour mon plus grand bonheur, je me suis réellement laissée happer par l'histoire, et encore plus par les images, car il n'y a aucun doute, Miike maitrise sa photographie, c'est beau, c'est bien fait, y'a pas grand chose à redire la dessus même si on voulait chercher les détails.
De plus, même si je suis pas le genre à me laisser impressionner par les ninjas et autres scènes de combats en tous genres, il faut reconnaitre que les combats sont tout simplement hallucinants et en prime très bien gérés, car ils sont présents mais n’accaparent pas tout le film au détriment de l'histoire.
S'il en relève du film de samourai classique et de ses valeurs telles que l'honneur, la fierté, la fidélité au shogun etc, Miike a réussi à nous incorporer tout de même un peu de son univers décalé par la présence du personnage de Koyata Kiga, un chasseur un peu a la masse qui rejoindra "l’équipe" en tant que guide et ce malgré ses a priori négatifs sur les samouraïs. Son personnage amène beaucoup de choses, humour et fraicheur sont donc aussi au rendez vous.




En définitive je peux que vous dire que je retournerai le voir sur grand écran si par bonheur il se trouve dans une salle proche, tant ce film m'a captivée...

BANDE ANNONCE http://www.youtube.com/watch?v=NgPC74-Tde8